L’Union européenne dénonce l’enrôlement de plusieurs centaines de jeunes africains par la Russie dans sa guerre contre l’Ukraine, a réagi un porte-parole de l’UE en marge d’un point de presse de midi (midday briefing) à Bruxelles. « Cela montre que la Russie cherche désespérément toute aide possible pour mener à bien son agression illégale », précise le diplomate.
Selon des éléments fournis par diverses sources dont la BBC, les autorités sud-africaines et kenyanes et le collectif All Eyes on Wagner, environ 1700 citoyens de plusieurs pays africains ont servi dans des unités de l’armée russe opérant en Ukraine.
« Nous condamnons la pratique de la Russie consistant à recruter des citoyens de pays tiers comme combattants étrangers », a confié le porte-parole de l’Union européenne au correspondant de Impact à Bruxelles.
Sur une photo de l’Agence France presse (AFP) prise à l’aéroport de Durban, un homme portant un bonnet, les mains jointes pour cacher son visage, est présenté comme une des personnes de retour du front de la guerre russo-ukrainienne. Assis sur une chaise roulante poussée par une femme, il fait partie d’une dizaine de ressortissants sud-africains présumés avoir été contraints de combattre en Ukraine. A cet égard, informe Radio France, si le président sud-africain a salué le retour de ses compatriotes au pays, il a également exprimé une « profonde gratitude » au président russe Vladimir Poutine lequel a rendu possible ce retour.
Pour l’Union européenne, « les autorités russes n’hésitent pas à attirer des personnes, souvent sous de faux prétextes, afin de poursuivre leur guerre néocoloniale contre l’Ukraine ».
Selon la BBC et All Eyes on Wagner, les ressortissants africains engagés par Moscou sont appâtés par la perspective de trouver un emploi en Russie - notamment dans le secteur de la sécurité civile - avant de se retrouver subitement devant les réalités de la guerre sur le terrain. Il semble que l’opération soit facilitée par le recours systématique à des réseaux d’influenceurs en charge des messages de désinformation visant les recrues potentielles.
L’UE voit dans cette méthode la preuve que la Russie « manque clairement de main d’oeuvre en raison d’un taux élevé de pertes humaines » sur les différents champs de bataille avec l’Ukraine.
Les recrues africaines de Moscou contre l’Ukraine seraient originaires de plusieurs pays du continent. Outre l’Afrique du Sud, elles viendraient du Kenya, du Cameroun, du Nigeria, du Sénégal. Selon les enquêtes révélées, les documents en langue russe que ces recrues auraient signé en méconnaissance de cause seraient en réalité des engagements militaires au service de l’armée russe.
Victime directe de cette affaire, Duduzile Zuma-Sambudla, fille de l’ancien président Jacob Zuma, a été contrainte de démissionner de son mandat de parlementaire en novembre 2025 après avoir été accusée d’intermédiation dans le recrutement de ses compatriotes.
Pour sa part, le Kenya a récemment protesté contre la mort de plusieurs de ses ressortissants. Les autorités de Nairobi ont même arrêté un groupe d’individus considérés comme des recruteurs.
Vu de Moscou, ces accusations d’enrôlement de ressortissants africains servent à cacher les véritables succès des armées russes sur le terrain opérationnel. La Russie défend le principe selon lequel ces personnes sont des « volontaires » venus combattre « le nazisme soutenu par l’OTAN », l’Organisation du traité de l’atlantique nord.
Ces nouvelles vagues de révélations interviennent alors que la guerre déclenchée en février 2022 par l’invasion russe est l’objet de difficiles négociations indirectes entre Moscou et Kyiv avec la médiation des Etats-Unis.
Bruxelles, Correspondance - Mass MBOUP






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